La sommation faite le 29 novembre 2014 par François Hollande à ses pairs africains nous ramène un quart de siècle en arrière. Le 20 juin 1990, quand François Mitterrand avait poussé, dans son célèbre discours de la Baule, la quasi-totalité des autocrates africains de l'époque à s'essayer à la démocratie. Je dis bien « s'essayer » car 25 ans plus tard, l'Afrique donne encore l'impression de faire du surplace.
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a rendu visite ce lundi 10 novembre 2014 au nouvel homme fort du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Isaac Zida. Au nom de l'Union africaine dont il est encore le président pour quelques mois. Une visite qui a suscité des commentaires amusés de par le passé d'ancien général putschiste d'Ould Abdel Aziz qui a vécu lui -même pareille situation en 2008, quand il avait "rectifié" le pouvoir du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Un putsch qu'il a mis un an à faire accepter par la communauté internationale, et surtout par l'UA, comme un "incident de parcours".
La cote de popularité de François Hollande est au plus bas, selon un sondage YouGov France/Le Huffington Post/i-Télé, publié jeudi 6 novembre 2014. Ce n’est nullement une surprise. Etre aujourd’hui à 12 % d'opinions favorables (– 3) en novembre est ce qu’on pourrait appeler une chute libre qui entraînerait le président français, d’ici deux ans, dans les abîmes de l’histoire.