Hollande : de la « normalité » à la banalité

Article : Hollande : de la « normalité » à la banalité
19 novembre 2012

Hollande : de la « normalité » à la banalité

François Hollande (photo: Rfi)

Difficile de ne pas le penser comme moi. La « normalité » du président François Hollande, est en train de virer à la banalité. N’étant pas Français et m’intéressant très peu à la politique intérieure de l’ancienne puissance colonisatrice de mon pays, je ne puis tout de même pas m’empêcher de jeter un regard critique sur les rapports que Paris entretient avec le reste du monde. Et notamment avec l’Afrique.

Les six premiers mois de la gouvernance Hollande ont sans doute fait regretter à beaucoup de Français le président Nicolas Sarkozy.  Avec ce dernier, la France existait au moins. En tant qu’Etat qui animait la scène internationale au même titre que les USA, l’Allemagne, la Russie, la Chine et le Japon. En six mois, la « normalité » de François Hollande a fait des ravages, malgré les apparences. La crise malienne, avec des enjeux moindres que ceux qu’il y avait en Libye, est un vrai  test pour le successeur de Sarkozy. Va-t-il se servir de cette affaire pour se relancer, comme Sarko a essayé de le faire en favorisant l’engagement militaire de l’Otan contre Kadhafi, et ce à quelques mois seulement de la présidentielle qu’il avait pourtant perdue ? Rien n’est moins sûr. François Hollande pour qui j’ai pourtant « voté », dans mon esprit, ici en Mauritanie, comme la  plupart de mes compatriotes, m’a déçu. Sur plusieurs dossiers de politique étrangère de la France où Nicolas Sarkozy avait toujours fait preuve de mordant. Sur cette question de crise malienne, par exemple, Paris doit aller plus loin que le vote d’une résolution au Conseil de Sécurité de l’Onu pour pousser ses partenaires européens vers la solution envisagée. Sans présomption aucune pour l’intervention militaire. Ce qui sera fait dans les prochains mois pour régler cette crise doit certes porter le sceau de l’Afrique mais la France ne doit pas se tenir à l’écart. Sarkozy, toujours pour le comparer avec Hollande, a « appuyé » la Mauritanie, jouant une sorte de va-tout pour libérer l’otage français Michel Germaneau. Il avait échoué certes mais confirmé son statut de président résolu à aller jusqu’au  bout de ce qu’il pense être non pas juste mais justifiable. Hollande est sollicité aujourd’hui pour faire quelque chose du même genre en vue de sauver six otages français détenus par Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) au nord Mali depuis plus d’un an. Cela doit être l’objet de l’engagement de la France dans la guerre qui se prépare. Un engagement, oui, au même titre que les pays de la CEDEAO qui ne veulent pas que le cancer du terrorisme gagne les autres parties de ce corps. Ce sera un choix parmi tant d’autres qui attendent le président Hollande et l’obligent à sortir, peu à peu de sa conque de président « normal ». Pour prouver qu’il a la carrure d’un président  tout court. Pour le reste, il a déjà répondu : « Une élection change un pouvoir mais pas la réalité ». Autrement dit, les Français qui devront restés en prise avec les trois grands défis que sont l’Europe, la compétitivité et le désendettement du pays, si l’on en croit le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, se demanderont alors pourquoi avoir désavoué Sarkozy.

 

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