Mauritania Akhbar, ce n’est rien d’autre que les Nouvelles de Mauritanie

Article : Mauritania Akhbar, ce n’est rien d’autre que les Nouvelles de Mauritanie
13 janvier 2013

Mauritania Akhbar, ce n’est rien d’autre que les Nouvelles de Mauritanie

Crédit photo : Rfi
Crédit photo : Rfi

Bon il est temps que je revienne un peu à moi. Je sais que certains de ceux qui me lisent sur Cridem.org, le site francophone le plus fréquenté en Mauritanie, et qui reprend systématiquement mes « biyé » – merci Claude K., vont encore crier au scandale. Pour qui se prend-il suis là ? L’un de mes lecteurs « très obligés » m’a même traité, une fois, de narcissisme, me reprochant de délaisser l’analyse des faits politiques et économiques de mon pays, où, semble-t-il, j’ai un peu de talent, pour faire ma propre « publicité » et celle de ma famille ! C’est en tout cas ce que crois un certain « najoorebonde » qui, le 26/12/2012, à 04:21, m’avait rudement attaqué. Jugez-en vous-même :

« On s’en tape: que tu aies une ou bien 101 femmes, pauvre Sneiba Ould Mohamed! D’ailleurs en abordant ces sujets qui n’ont pas grand intérêt tu ne fais que te décrédibiliser; on te connaissait plus opérant et plus opérationnel parce que tu abordais les sujet relatifs à la politique de notre Mauritanie malheureuse ! Mais depuis que tu as commencé à traiter des sujets dont la seule finalité est de tenter de faire ta propre promotion, publicité, tu nous montres tes insuffisances personnelles. Et moi qui suis un « vadrouilleur » non pas pour ce que tu penses, mais pour me nourrir d’informations, j’ai été amené, il y a quelques semaines, à venir visiter ton blog, Alakhbar Mauritania, et j’ai été stupéfait d’y avoir trouvé un article de toi totalement superflu, que tu as consacré à ton propre rejeton d’environ* 7 ans dont la photo décourage les lecteurs les mieux intentionnés à terminer la lecture de l’article en question; et quand je t’ai fait ma remarque par un commentaire crû, tu n’as pas daigné le publier parce que justement c’est un commentaire qui allait dans le sens contraire de ton entreprise d’expression d’une autosatisfaction personnelle, d’une autocongratulation par la publicité personnelle, familiale! C’est pourquoi le fait que tu viennes récidiver encore une fois, te fait perdre toute crédibilité et t’enfonce encore un peu plus! »

Après ça, j’aurai dû tout simplement cessé de parler de moi. Ben revenir tout simplement à mes « biyé » politiques et chroniques pour lecteurs désœuvrés mais non, moi, je suis un dur à cuire. J’ai pas quand même été prof de français plus de vingt ans pour rien. J’ai vu toutes sortes d’élèves au lycée, des bons et des méchants, des fils à papa qui vous insultent au premier regard réprobateur et peuvent même vous tirer le boubou jusqu’à le faire craquer. Ce ne sont pas donc des propos venant d’un anonyme qui vont me faire abandonner ce que je considère comme la passion de ma vie : l’écriture, quelle soit journalistique, littéraire ou tout simplement plaisante.

Il est vrai que j’ai toujours écrit sur la politique, cette « bolletig » que les Mauritaniens vivent comme une partie de leur être et que certains ont même adopté comme profession qui nourrit bien son homme. La recette, bien comprise par certains, peut rapporter gros : militer quelque temps dans les rangs de l’opposition, critiquer le pouvoir, insulter le rais, dans les limites de ce que permet notre « démo-gâchis » jusqu’à faire monter votre cote et, subitement, rallier le camp du pouvoir. Pour cela, il vous suffit d’organiser une conférence de presse dans l’un des grands hôtels de Nouakchott, d’inviter les dirigeants du parti au pouvoir et certains journalistes qui vont relayer la nouvelle pour que votre retournement de boubou arrive jusqu’aux portes du palais présidentiel. Du temps de Taya, cette stratégie marchait à tous les coups. Avec Aziz, l’actuel président de la République Islamique de Mauritanie, elle l’est moins, même si quelques cas peuvent être cités. Tel celui de cet ancien ministre de la Transition militaire 2005-2007 qui avait tiré à boulets rouges sur le président Aziz, avant de quitter le parti d’opposition dont il était l’un des vice-présidents, pour atterrir comme chargé de mission à la Présidence de la République et, lors du dernier Conseil des ministres, comme directeur général de l’Agence nationale chargé du suivi des grands projets !

Cette stratégie a pratiquement marché à tous les coups sous le président Taya mais de moins en moins avec Aziz. C’est l’essence même de notre « bolletig », cet affairisme politique que les Mauritaniens pratiquent à merveille et qui constitue le sujet de prédilection des articles –  abusivement appelés analyses – et des chroniques que je « vends » aux journaux L’authentique et Afrimag, magazine économique basé à Casablanca, et aux sites Saharamédias et Elhourriya. Mais il m’arrive aussi de vouloir écrire sur autre chose. Des choses simples, particulières qui répondent bien à ce qu’un grand écrivain (Camus, je crois), disait sur la nécessité (pour l’artiste) de ne pas s’isoler. Ce que Camus disait sur l’artiste s’applique parfaitement, à mon humble avis, au journaliste et au blogueur qui, comme l’artiste, « a choisi son destin (…) parce qu’il se sentait différent, (et qui) apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. » (A. Camus, Discours de Suède, 1957). C’est là le besoin, la nécessité qui m’a poussé à créer mon blog, sneibamohamed.over-blog.com avec lequel je devais participer à la sélection de Mondoblog de Rfi. Un passage réussi du national à l’international – merci Mondoblog – qui m’a fait entrer dans une autre dimension, exaltante, celle-là, puisqu’elle m’oblige chaque jour – me pousse plutôt – à lire des dizaines de billets alors que je me contentai seulement d’écrire pour les autres ! C’est encore Camus, que mes anciens élèves de Terminale me reprochaient d’aimer plus que les autres auteurs au programme, que je retrouve ici, dans la plénitude de sa pensée humaniste : « L’artiste (je dirai moi le blogueur) se forge dans cet aller-retour  perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. » Oui, ma communauté Mondoblog est devenue une part de moi-même, à tel point qu’elle ressuscite en moi les « vices » cachés de celui qui a une revanche à prendre sur le destin.

 *Mauvais procès, je crois, car sur près de cent articles, j’ai parlé de moi deux fois et de « mon propre rejeton » une fois.

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