Partis : Trop de politique tue la politique !

Article : Partis : Trop de politique tue la politique !
16 novembre 2012

Partis : Trop de politique tue la politique !

Logo du parti au pouvoir sous Taya (1992-2005) disparu avec son chef

Assurément, les Mauritaniens donnent de plus en plus la preuve qu’ils sont rebelles à l’idée de parti mais pas de partie, au sens de wilaya, tribu, race et Idéologie. Nous avons aujourd’hui plus de 50 formations politiques mais seule une poignée, – je me hasarderai à donner des noms – UPR, RFD, UFP, ADIL, Hatem, AJD, APP, PRDR, Tawassoul – continuent à animer une scène politique bien morose après les joutes électorales de novembre 2006 et mars 2007 et de juillet 2009. A croire que l’activité d’un parti se résume à l’instant où toute une cohorte de formations politiques, à géométrie variable, décident de convoiter les voix d’électeurs pour qui l’exercice de la démocratie se résume à aller jeter un bulletin blanc, jaune, rouge ou noir dans une urne qui le transformerait, miraculeusement, en adhésion pleine et entière en un programme politique qui n’a jamais été exposé, pour être compris, dans la langue qu’appréhende le citoyen lambda : Comment apprendre à survivre dans cet univers kafkaïen  de flambée des prix, de mensonges politiques, d’insécurité, de jalousie, de débauche, de maladie, de faim, de crimes et de non châtiments.

Qui peut me dire combien d’élections nous avons vécues depuis l’importation de la démocratie « made in Occident » que nous avons travestie, au bout de deux décennies de pratiques détournées, en « démogâchis » ? Sous Ould Taya, cet art de détourner le peuple de ses préoccupations véritables a été transformé en un exercice de style où toutes les cartes se valent au moment de les tirer mais jamais quand il fallait les abattre. Ainsi, nous avons accompagné la Transition des militaires, en 2005, que nous avons cru, de bonne foi, jusqu’au moment où des voix se sont élevées pour dire que les dés étaient pipés. De toutes les façons, le débat avait été vite clos, chaque camp en quête du pouvoir accusant l’autre d’avoir bénéficié de solides soutiens au sein de la junte qui a mis fin au règne d’Ould Taya. Le reste n’a été qu’une question d’équilibre. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été élu président de la République avec le score que l’on sait (52% virgule quelque chose, contre 47% et poussière pour Ahmed Ould Daddah). Puis, dans le camp des vainqueurs, les choses ont commencé à se gâter. Entre le président « démocratiquement élu » et les généraux qui l’avaient soutenu contre « l’opposant historique », Ahmed Ould Daddah. Un second putsch. Le 6 août 2008. Une « rectification », disaient, pince-sans-rire, les partisans des généraux Aziz et Ghazouani. C’étaient encore une querelle de politiques et de militaires. Entraînant son lot d’incriminations, d’alliances et de contre-alliances.

Mais depuis, les problèmes de la vie ont réconcilié les Mauritaniens. A part les rares privilégiés qui ont été cooptés à des postes de ministres, de secrétaires généraux, de conseillers ou de directeurs, qui peut dire aujourd’hui qu’un militant de la Majorité vit mieux qu’un adepte de l’Opposition ? Les rares moments de joie nous contaminent tous et notre détresse quasi permanente est partagée à parts égales. Même quand le pays « roule », sans président, depuis un mois.

Sneiba

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