Santé du président : Le mystère s’épaissit

Article : Santé du président : Le mystère s’épaissit
11 novembre 2012

Santé du président : Le mystère s’épaissit

Le président Aziz, le 13 octobre, à l’hôpital militaire de Nouakchott (crédit photo : AMI)

Après avoir cherché vainement l’info crédible sur la santé du président Mohamed Ould Abdel Aziz auprès des autorités et dans ce qu’écrivent, chaque jour, journaux et sites mauritaniens et étrangers, nous entrons dans une nouvelle étape qu’on peut appeler « les coups de téléphones » Seulement, voilà. Ces contacts téléphoniques qui ont débuté, il y a une semaine, avec le président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, ne font qu’ajouter au mystère qui entoure la santé du président, les raisons qui le retiennent encore en France, la durée de sa convalescence et, surtout, sa capacité à reprendre ou non ses activités de chef de l’Etat.

Et l’on n’est pas loin de penser que ces appels, faits pour rassurer, ajoutent en réalité à la confusion générale. Par cette question que tout le monde se pose : pourquoi « singulariser » certaines personnes alors que la santé du chef de l’Etat concerne tout le monde? Même ses adversaires politiques d’hier qui, comme tout mauritanien, lui ont souhaité bon rétablissement ? Pourquoi ne pas s’adresser à tous les citoyens comme il l’a fait moins de vingt-heures de l’incident ? On aurait pu faire l’économie de la somme de tous ces appels, qui sont présentés comme des contacts à relayer vers l’ensemble de tous les mauritaniens, pour s’adresser, ne serait-ce que deux à cinq minutes, directement au peuple. Et même si la voix ne détermine pas à elle seule l’état général de la santé du président, l’entendre constitue tout de même une preuve beaucoup plus convaincante que ces « le président m’a dit » qui commence à semer le trouble au sein de ceux-là même qui ont fait preuve d’un optimisme peut être un trop exagéré.

Le dernier appel en date, celui avec le président du parti au pouvoir, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, jette une sorte de suspicion sur le caractère très sélect de ces « contacts » ». Le président ne s’adresse qu’à ses soutiens politiques (UPR, CPM, à travers le président en exercice de cette Majorité, Ethmane Ould Cheikh Abou Almaaly) ou à l’opposition « partenaire » au dialogue. S’il avait téléphoné, par exemple, au chef de file de l’opposition démocratique, Ahmed Ould Daddah, à l’un des présidents des partis membres de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) ou à un citoyen quelconque, l’équilibre serait établi. Après tout, depuis son élection le 18 juillet 2009, Ould Abdel Aziz n’est-il pas devenu le président de tous les mauritaniens?

Surtout que le propos rapporté par l’Union pour la République (UPR) sur l’objet des discussions, à savoir les préparatifs de l’accueil à réserver au « chef », ne sont pas vraiment ce qu’attendent les mauritaniens. « L’accueillite », à toutes occasions, grandes ou petites, heureuses ou indécentes, n’est-elle pas ce mal qui a perdu Ould Taya, le président qui a régné sur la Mauritanie deux décennies durant ? Une pratique que le président Aziz a refusé, à son arrivée au pouvoir, dans sa forme la plus élaborée (chants et danses, soirées poétiques) mais a fini par tolérer, quand il visitait les villes de l’intérieur. A son retour de France, il n’ y a pas de mal à ce qu’on l’accueille avec des prières pour louer Allah de l’avoir tiré d’affaires, après avoir reçu des balles dans l’abdomen, mais non avec des chants et danses qui rappellent le « paganisme » politique d’antan.

Sneiba

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