Mauritanie : L’UPR assure une majorité confortable au parlement

23 décembre 2013

Mauritanie : L’UPR assure une majorité confortable au parlement

Le président de la Ceni annonçant les résultats du second tour (photo: Elhourriya)
Le président de la Ceni annonçant les résultats du second tour (photo: Elhourriya)

Les rideaux viennent d’être tirés sur ce qui passe pour être l’élection la plus longue et la plus controversée de l’histoire « démogâchique » de la Mauritanie. Même au temps du président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya qui a passé vingt ans au pouvoir (1984-2005), jamais une élection n’a réussi « l’exploit » de rendre l’avis de l’opposition et la majorité unanime. Sur le désordre qui l’a caractérisée ! Mauvaise préparation, manque de moyens, manque de transparence, suspicions et retard dans la proclamation des résultats sont les principaux reproches qui ont fusé de part et d’autre. Même du côté de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir, qui a sans doute paniqué au premier tour, en ne parvenant à remporter qu’une seule capitale régionale (Tidjikja) sur les 13 que compte le pays ! Et ce malgré le boycott de 10 partis de l’opposition qui avait laissé penser que les élections municipales et législatives ne seraient qu’une promenade de santé pour l’UPR. Avec 52 sièges de députés gagnés au premier tour, l’UPR avait encore besoin d’en rafler 22 autres pour ne pas avoir à s’appuyer sur ses alliés de la majorité présidentielle en vue de former le futur gouvernement. Et c’est maintenant chose faite. Le parti au pouvoir arrive largement en tête, à l’issue du deuxième tour, avec 74 députés (50.34%) devançant de loin le parti Tawassoul (Islamistes) qui pointe à la deuxième place avec seulement 16 députés (10.88%). Les quatre formations d’opposition qui ont pris part à ces élections municipales et législatives totalisent 37 sièges (25.16%), exactement le même nombre d’élus que les 12 autres partis de la majorité présidentielle qui joueront le rôle d’appoint pour le parti au pouvoir.

Configuration différente mais…

L’Assemblée nationale mauritanienne – enfin élue avec deux années de retard – est différente, dans sa configuration, de celle qui n’a plus d’existence légale à partir de ce 23 décembre, date de proclamation des résultats du deuxième tour. Certes, la majorité continuera à maîtriser le jeu au sein de l’hémicycle, à faire passer les projets de lois présentés par le gouvernement,  mais elle ne répondra plus aux règles de la Bipolarité.  Les partis alliés de l’UPR feront entendre leur voix, demanderont à être impliqués dans la gestion des affaires et, s’ils ne sont pas écoutés, pourraient très bien envisager, avec l’opposition, une motion de défiance, ou même de censure. C’est dire que l’assurance du secrétaire exécutif chargé des affaires politiques au sein du Directoire de l’UPR, Mohamed Mahmoud Ould Javaar, peut être mise sur le compte d’une euphorie passagère, suite aux bons résultats du parti à ces élections mais le plus difficile est de gérer les conflits d’intérêts, je dirai de proximité, avec le pouvoir. Les soutiens se monnayent et ils coûtent plus chers en période de crise politique qui fragilise les gouvernements. Le président de la République, Mohamed Ould Abdbel Aziz, a pris les devants, en annonçant, le jour du vote, que la formation du futur gouvernement n’est pas liée aux résultats de ces élections municipales et législatives, mais tout le monde sait qu’il a pris l’habitude de surprendre les mauritaniens par des décisions inattendues. Et on imagine mal comment il peut maintenir un gouvernement dont la popularité de certains membres a été mise à rude épreuve par ces élections.

 

Répartition des 146 sièges de l’Assemblée

RangParti1er tour2eme tourTotal%
1UPR52227450,34
2Tawassoul1241610,88
3Al Wiam82106,80
4APP7074,76
5Karama6064.08
6UDP6064.08
7AJD/MR4042.72
8Sursaut4042.72
9RAVAA3032.04
10PRDR3032.04
11PUD3032.04
12Vadhila3032.04
13ISLAH1010.68
14Justice et démocratie1010.68
15El Wihdawi1010.68
16Al karama wal Amal1010.68
17Al Assala1010.68
Total* 1162814499.32

*La date du second tour pour élire les 2 députés d’Atar, objet d’un recours auprès du Conseil constitutionnel, doit être fixée ultérieurement.

UPR : Parti au pouvoir

APP : Partis d’opposition

Karama : partis de la majorité

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