Mali : La Mauritanie va participer à la campagne militaire

Article : Mali : La Mauritanie va participer à la campagne militaire
17 janvier 2013

Mali : La Mauritanie va participer à la campagne militaire

F. Hollande et Aziz (crédit photo: allafrica.com)
F. Hollande et Aziz (crédit photo: allafrica.com)

A Abu Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, où ils se trouvaient tous les deux pour deux sommets, (celui de la Durabilité des énergies du futur et du sommet mondial de l’eau), loin des bruits de la guerre, le président François Hollande et son homologue Mohamed Ould Abdel Aziz ont abordé la question de la guerre au Mali. Un conflit dans lequel la France est devenue, depuis une semaine, l’un des principaux protagonistes, avec le déclenchement de l’opération « Serval » engageant des avions de combats contre les positions des groupes islamistes armés qui contrôlaient la totalité du nord Mali depuis près d’un an et avaient poussé Paris à réagir, plus vite que prévu, par leur volonté de marcher sur Bamako.

Dans ce conflit qui se déroule à la limite de ses frontières est et sud avec le Mali, sur plus de 2237 kilomètres, la position de la Mauritanie est très délicate, elle qui a été la première à vouloir lutter, seule, contre Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), en engageant, fin 2010, début 2011, ses forces armées dans ce que les médias nationaux et internationaux avaient appelé la « guerre préventive d’Aziz ». Des opérations ponctuelles, menées dit-on avec le soutien « logistique » de la France de Sarkozy, qui avait permis à Ould Abdel Aziz, général qui s’était reconverti en homme politique, de s’affirmer comme le spécialiste dans la sous région en matière de lutte contre le terrorisme et de meilleur allié des Occidentaux. Un statut qui, à l’époque, avait beaucoup joué dans le passage d’Aziz de « putschiste » à celui de président fréquentable et « démocratiquement élu ». D’ailleurs, le rôle de la France dans cette « mutation » a été jugé par bon nombre d’observateurs comme très déterminant grâce à l’action d’une françafrique remise au goût du jour par un Nicolas Sarkozy qui avait pourtant prédit sa mort dès son arrivée au pouvoir !

C’est au nom de ce lien mystérieux, de ces rapports de l’ombre entre l’ancienne puissance colonisatrice et les pays de son pré carré que la Mauritanie pourrait se voir forcée la main et changer de position sur la question de l’intervention militaire au nord Mali. Les discussions sur le sujet que le président Mohamed Ould Abdel Aziz a eu à Abou Dhabi, mardi dernier, avec François Hollande ont certainement permis au second de convaincre le premier de la nécessité de participer à une guerre que Paris cherche maintenant à présenter comme celle de la communauté internationale contre le terrorisme, après avoir justifié son intervention par l’appel à l’aide du président malien par intérim, Dioncounda Traoré. D’ailleurs, n’est-ce pas cette porte d’entrée qu’Aziz évoque, lui aussi, en déclarant que la Mauritanie pourrait participer « si le Mali en fait la demande » ?

La Mauritanie qui, jusque-là, a toujours indiqué ne pas être prête pour participer à la guerre au Mali, précisant qu’elle va se suffire de protéger ses frontières, est en train de céder donc à la pression de la France mais aussi à l’effet d’entraînement provoqué par l’engagement attendu de plusieurs pays ouest africains.

La Mauritanie qui ne fait pas partie de cet ensemble doit trouver autre chose. Revenir, par exemple, sur tout le tort que les groupes islamistes armés lui ont fait subir dans le passé, à Lemghaity, Ghalaouiya et Tourine et la menace que constitue leur présence à ses frontières pour dire que l’occasion est vraiment belle pour s’ôter cette épine du pied. Mais pour le moment, l’entrée de la Mauritanie dans la guerre malienne n’est qu’une hypothèse hautement probable.

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