Des Mauritaniens de l’Est s’enregistrent comme « réfugiés maliens »

Article : Des Mauritaniens de l’Est s’enregistrent comme « réfugiés maliens »
10 janvier 2013

Des Mauritaniens de l’Est s’enregistrent comme « réfugiés maliens »

Crédit photo : Saharamédias.net
Crédit photo : Saharamédias.net

L’affaire a éclaté comme un coup de tonnerre à Nouakchott, et provoqué une vive polémique au sein de l’Assemblée nationale : un notable de la moughataa (département) de Bassiknou, ville frontalière avec le Mali, a révélé à un journal mauritanien que la plupart des habitants de la zone – qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés maliens – n’ont qu’un seul désir : s’inscrire sur les listes des ONG présentes sur le terrain comme des réfugiés maliens pour bénéficier d’une aide humanitaire !

Et Mahfoud Ould Deddach, ancien ministre et notable de Bassiknou, de déclarer que la majorité des habitants de la zone « se sont enregistrés comme réfugiés dans leur propre pays » dans le seul but de tirer profit d’aides venant d’organisations d’aide aux réfugiés. Ould Deddach qui s’exprimait dans une interview accordée à Sahara médias, a expliqué que ce fait singulier et préoccupant « doit attirer l’attention des autorités centrales parce qu’il dénote d’une situation de précarité qui poussent des populations entières à aliéner leur nationalité – leur être – pour des raisons de survie ».

Au parlement, et alors qu’on discutait, mercredi 9 janiver, du projet de loi criminalisant la pratique de l’esclavage en Mauritanie, le député de Bassiknou, Vih el Man Ould Ghacha, a saisi cette opportunité pour dénoncer le mauvais procès que l’on fait aux habitants de sa circonscription : on a tenté, selon lui, de lier cette localité à cas supposés d’esclavage. Une députée haratine, Maalouma Mint Bilal, du parti Alliance populaire progressiste (opposition modérée) engagea avec lui une vivre polémique contre laquelle l’autorité du président de séance, le député El Arbi Ould Jidine n’eut aucun effet.

Il est certain que la question des réfugiés maliens à Bassiknou, ville de l’extrême Sud-Est mauritanien (à plus 1300 km de Nouakchott) va revenir, dans les prochaines heures, sur le devant de la scène politique avec le passage à l’Assemblée nationale du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf pour la discussion de son traditionnel Discours de Politique Générale. Rudes empoignades verbales en perspectives, dont je tenterai de vous rendre compte dans mon prochain billet.

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