On est toujours « le petit mur de quelqu’un »

Article : On est toujours « le petit mur de quelqu’un »
12 décembre 2012

On est toujours « le petit mur de quelqu’un »

Cheikh Modibo Diarra (Photo Google)

On est toujours « le petit mur de quelqu’un ». Pour ceux qui ne comprennent pas le sens de cette expression imprononçable ici en hassanniya, voici un dessin : Ma fille Amy de 8 ans vient souvent déverser sa colère sur sa petite sœur Mariem, 5 ans. Et à chaque fois que leur maman mène sa petite enquête, elle découvre qu’Amy, « la brave » a été rossée à l’école par l’une de ses amies de classe ! Et oui, et donc elle vient éprouver sa « force » sur sa petite sœur, son souffre-douleur, son « petit mur ». C’est exactement ce qui vient de se passer au Mali. Incapable de faire face aux groupes islamistes armés qui occupent le nord Mali depuis plus de sept mois, le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte ayant déposé le président Amadou Toumani Touré, se retourne contre le pauvre  Premier ministre Cheikh Modibo Diarra !

En limogeant le Premier ministre le chef de la junte fait d’une pierre deux coups. Il se débarrasse d’un homme gênant, pas aussi soumis au diktat des militaires que le président par intérim Dioncounda Traoré, et il montre à la communauté internationale, notamment, à la CEDEAO, que c’est lui qui détient toujours le pouvoir. Mais en même temps, Sanogo se ridiculise. Il oublie toutes ses fanfaronnades, quand il avait destitué ATT, l’accusant de faiblesse face aux groupes islamistes armés, et promettant aux maliens la reconquête rapide de l’Azawad. Depuis, il se cantonne avec ses hommes à Bamako, semant la terreur parmi les populations et les hommes politiques partagés entre pro et anti militaires. Il se donne en spectacle et, sans doute, est en train de mal régenter un pays qui va de jour en jour à la dérive alors que sa mission serait d’aller au front accomplir ce pour quoi il a été formé et par lequel il a justifié son coup d’Etat. Une situation qui ne saurait durer longtemps parce que lourdes de conséquences pour le Mali et ses habitants, du nord et du sud. Lourde de conséquences aussi pour la junte elle-même, qui s’expose à des sanctions internationales mais aussi au risque, énorme, de porter la responsabilité de l’échec d’une intervention militaire pour libérer le nord Mali de l’emprise d’Al Qaeada au Maghreb Islamique (AQMI), d’Ançar Edine et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO). Si la communauté internationale ne peut rien contre le capitaine rebelle, lui doit mesurer, au moins le risque d’être « putsché » par les islamistes si jamais ils décident de marcher sur Bamako.

 

 

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