« Darja l’men » (les honneurs pour qui ?)

Article : « Darja l’men » (les honneurs pour qui ?)
24 novembre 2012

« Darja l’men » (les honneurs pour qui ?)

 

L’un des rares moments d’apaisement entre les « deux présidents »

Aujourd’hui, je tente de répondre à une question que tous les mauritaniens se posent : Pourquoi Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale, et Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’opposition démocratique, ont toujours entretenu des antagonismes flagrants ?

Une réponse toute simple : C’est parce qu’un siège ne peut être occupé par deux ! Oui, un semblant de compagnonnage politique de près de trente ans, a prouvé que Messaoud et Daddah ne peuvent «coopérer», devenir amis, que quand le fauteuil présidentiel n’est pas en jeu ! Amis dans le pire mais pas dans le meilleur, ce qui n’est pas, forcément, un compliment.

C’est seulement en 1992 que Messaoud Ould Boulkheir, pourtant au meilleur de sa forme politique, maîtrisant parfaitement un électorat harratine et négro-africain prêt à suivre aveuglément ses directives, avait accepté de se soumettre à l’ambition présidentielle du candidat indépendant Ahmed Ould Daddah. Peut-on expliquer la rupture, juste après, par cette « soumission » involontaire ? D’aucuns considèrent que oui.

En 2003, 2005, 2007 et 2009, le « miracle » de la cohésion parfaite au sein de l’opposition ne se répètera plus. Chacun des deux « Commandente » fera cavalier seul, non pas en étant sûr de remporter la présidentielle mais espérant montrer à la face du monde qu’il est plus populaire que l’autre ! Ahmed gagne les trois premières manches d’un match qui ne finira – c’est certain – qu’avec la retraite politique des deux opposants. Mais Messaoud relance les enchères en remportant la quatrième ! Et c’est, très souvent, ce match dans le match, se jouant en arrière plan, qui explique, plus que la fraude et la versatilité politique des électeurs mauritaniens, les échecs répétés de l’opposition.

NB: Le titre est emprunté à l’expression d’un célèbre homme politique mauritanien, ancien ministre de Taya, ancien gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM). Elle ponctuait une intervention, faite à l’époque, pour donner la réplique à l’opposition au régime.

 

 

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