Pouvoir : Succession ouverte ?

Article : Pouvoir : Succession ouverte ?
31 octobre 2012

Pouvoir : Succession ouverte ?

Le président Aziz à l’hôpital militaire de Nouakchott, le 13 octobre 2012 (Crédit photo: afriquemonde.org)

Les jours passent et avec eux leur lot d’interrogations. Une question devient de plus en plus prégnante, celle de savoir si le président Mohamed Ould Abdel Aziz va encore revenir au pouvoir. Avec toutes ses capacités physiques et intellectuelles qui lui ont permis, depuis le 03 août 2005, d’être, véritablement, l’homme fort de la Mauritanie. La réponse à cette question, et à tant d’autres, n’est vraiment pas facile à l’heure actuelle. Du fait même que les informations sur l’état de santé du président sont quasi inexistantes, ce qui ouvre la brèche à toutes sortes de supputations. Par exemple, que la succession de l’homme aux deux coups d’état se prépare déjà. A deux niveaux : celui de l’Armée, où les généraux du Haut Conseil de Sécurité se mettraient déjà à envisager l’après Aziz, et de la Majorité présidentielle qui, tout en continuant à défendre les « acquis » à travers la continuation d’un semblant de gestion du pouvoir par le président absent-présent, et à travers la mise en avant du Premier ministre et des membres du Gouvernement, se prépare aussi au pire.

D’ailleurs, cette ambivalence au niveau du camp du président n’a pas échappé à la Coordination de l’Opposition Démocratique COD). Le président en exercice de celle-ci, Saleh Ould Hannena, parle déjà de  rudes batailles au sein du camp présidentiel sur l’héritage du rais malade.

Pour le président du parti « Hatem », la Coalition de la Majorité Présidentielle (CPM) cache mal son jeu. Et les divisions qui la minent. Entre ceux qui appellent déjà à la tenue d’élections présidentielles anticipées, enterrant déjà le président, politiquement au moins, et ceux qui entrent déjà dans une sorte de période de «  veillée funèbre », et attendent que les généraux dévoilent leurs intentions, le torchon brûle. Détournant même les regards de ce qui faisait jusqu’à présent l’essentiel de la crise politique en Mauritanie,  à savoir la volonté de la COD de « « dégager » Aziz et les ripostes musclées du pouvoir. Et ça continue : Alors que l’opposition se prépare à redescendre demain jeudi dans la rue pour réclamer la proclamation de la vacance du pouvoir, le président Aziz, s’entretient au téléphone, depuis son lit d’hôpital, en France, avec le président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir !

Sneiba Mohamed

Partagez