Onu : quand la France « engage » les Africains

Article : Onu : quand la France « engage » les Africains
14 octobre 2012

Onu : quand la France « engage » les Africains

Une résolution sur le Mali est prise. Une résolution conçue, présentée et appuyée énergiquement par Paris auprès du Conseil de Sécurité de l’Onu qui l’a entérinée comme une lettre passée à la poste. C’est donc une option pour l’intervention militaire qui vient d’être prise. Une réponse « appropriée » à plusieurs attentes : celles de la France, d’abord, dont des otages sont retenus par Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) depuis plus d’un an, des Etats unis, qui inscrivent la chasse aux barbus dans le registre de la lutte contre le terrorisme lancée depuis 2001 en Afghanistan, poursuivie depuis en Irak, Yémen et Pakistan, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a peur de la « contamination » islamiste et, paradoxalement, des Maliens eux-mêmes qui ont longtemps hésité avant de demander officiellement cette intervention.

Une apparente convergence de points de vue qui ne doit pas cacher, cependant, des dissonances à plusieurs niveaux.

La France pousse devant les Africains qu’elle assure de son « soutien » logistique. Ici se pose la question de savoir si c’est parce  qu’elle ne veut pas intervenir dans les affaires intérieures maliennes (comme quoi Hollande est différent de Sarkozy qui n’a pas hésité à lancer ses avions de combat contre Kadhafi) ou tout simplement que Paris craint l’enlisement, avec risque de pertes énormes, dans un conflit qui pourrait durer.

Dans ce qui ressemble bien à un imbroglio politico-militaire en gestation, le rôle de deux pays du champ, la  Mauritanie et l’Algérie, n’est pas clairement défini. La mise en avant de la  Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peut être considérée comme une « victoire » de Paris sur Washington, quand on sait que cet ensemble est, sur le plan géostratégique, très lié à la France alors que les USA ont tenté récemment de s’appuyer sur Alger et Nouakchott pour avoir leur mot à dire dans ce qui se prépare pour aller à la reconquête du nord Mali. La blessure du président Aziz dans ce qui considéré par certains comme un attentat, alors que Nouakchott parle de méprise remet cette question à plus tard mais ne l’occulte pas.

Sneiba

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