« TOUCHE PAS A MON PAIN »

Article : « TOUCHE PAS A MON PAIN »
4 octobre 2012

« TOUCHE PAS A MON PAIN »

Question à mille balles : Est-ce que le temps n’est pas venu pour que les citoyens disent non à cette situation désolante de flambée des prix ? Un sac de riz qui ne « s’enlève » aujourd’hui dans la boutique du coin qu’à quelque 12.000 UM, soit pratiquement le double du prix d’il y a trois ans ! Idem pour le sucre, le blé et les autres denrées de première nécessité. Après « touche pas à ma nationalité », mouvement qui se dressait contre les dérapages possibles d’un enrôlement fait dans la précipitation et qui prend sur lui de dénoncer maintenant les injustices faites aux Négro-mauritaniens, il y a lieu sans doute, à ce que les citoyens pressent le gouvernement de se remuer pour qu’ils ne se battent pas uniquement pour leur survie. « Touche pas à mon pain », voilà la préoccupation essentielle qui doit passer aujourd’hui avant toutes celles qui concernent une crise politique qui fait le jeu d’hommes et de femmes dont le « métier » est d’être avec le pouvoir ou de s’opposer à lui mais également des questions non essentielles qui n’apportent rien à la gestion quotidienne des affaires publiques. Des élections municipales et législatives qui placeront des hommes et femmes à la place d’autres, cela ne résout aucunement les problèmes de subsistance de l’éleveur et de l’agriculteur, encore moins ceux du diplômé chômeur.

C’est dire que la protection du consommateur mauritanien ne doit plus être l’affaire d’une association, qui n’a de force de persuasion que des communiqués adressés à la presse, mais du citoyen capable de dire « non » à des mesures gouvernementales prises sans concertation aucune avec les partenaires sociaux et jamais en connaissance de  cause. A titre d’exemple, le président de la République, avait déclaré, lors de son « direct avec le peuple », que les prix du carburant sont appelés à augmenter encore. D’accord, mais pourquoi ? N’est-il pas possible que ces mêmes prix, justifiés par une conjoncture internationale fluctuante, puissent amorcer l’effet inverse ? Ou bien s’agit-il, comme toujours, d’appliquer à la lettre, « les recommandations du président de la République » ? Même quand ces mesures sont de nature à porter préjudice à la politique d’un gouvernement qui n’a pas besoin « d’accumulations » d’erreurs qui risquent de lui être fatales.

On oublie peut-être un peu trop vite que le pain a toujours été à l’origine de révolution. La première qui a éclaté en Tunisie, sous l’ère Ben Ali, a justement pour origine une augmentation de cette denrée qu’il faut savoir garantir à tout prix. L’on oublie également que c’est la question des prix qui a été l’un des principaux éléments de propagande entre les mains de la « fronde » contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et que, même si les parlementaires qui l’avaient brandie au nom du peuple font aujourd’hui profil bas, la question revient quand même au devant de la scène de manière récurrente.

Sneiba 

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