Mauritanie : Réviser la Constitution, pourquoi pas ?

Le président Aziz lors de la conférence de presse (Photo: ami.mr)
Le président Aziz lors de la conférence de presse (Photo: ami.mr)

Le président mauritanien était devant la presse, quelques heures seulement après son retour d’une harassante tournée (10 jours) dans les régions orientales du pays. On s’attendait à ce que l’entretien, exclusivement réservé aux médias nationaux, traitent des dossiers brûlants de l’actualité. Bien, sûr, celui du dialogue, qui tarde à être enclenché, mais aussi la grève de la SNIM, deuxième employeur après l’Etat, qui entre dans son second mois, la lutte contre la gabegie, les plaintes et complaintes des populations visitées – même si les médias officiels n’ont souvent mis en avant que « l’enthousiasme »  populaire et l’importance des soutiens du Rais, mais surtout cette question récurrente de la probable révision de la constitution pour permettre à Ould Abdel Aziz de briguer un troisième mandat.

D’emblée, le président entretient un flou artistique à propos de cette question. Il laissera entendre qu’il n’a jamais évoqué cette possibilité, qu’il s’en tiendra à son second mandat (qu’il vient tout juste d’entamer, tient-il à préciser) mais que cela n’empêche pas d’autres personnes, de l’opposition ou de la majorité, de parler de ce sujet ou même de faire des propositions dans ce sens ! Autant dire que la révision de la constitution mauritanienne, pour « ouvrir » les mandats présidentiels ou passer d’un régime présidentiel à un régime parlementaire permettant à Ould Abdel Aziz de manœuvrer à la Poutine, reste une probabilité très forte. Déjà, lors de la visite, des voix (autorisées ?) ont abondé dans ce sens. Un homme d’affaires se propose de récolter 1500000 signatures favorables à un amendement de la constitution permettant à l’actuel président de rempiler autant de fois que possible. Tout le long de l’accueil, des notables ont demandé au président Aziz de « ne pas partir avant de parachever les grands chantiers » qu’il a mis en œuvre.

Concernant, l’autre problème, celui de la Société nationale industrielle et minière (SNIM), dont plus de 3000 travailleurs sont en grève depuis près de deux mois, le président mauritanien, épouse le point de vue de la direction de l’entreprise : les prix du fer ont chuté de 173 dollars US à 57 dollars US et aucune augmentation ne peut être envisagée pour l’instant. Ould Abdel Aziz indique que les prix des hydrocarbures ne peuvent pas être revus à la baisse « parce que l’Etat a, durant des années, subventionné ces prix à hauteur de 80 UM le litre ! Une mentalité de commerçant qui explique l’entêtement du pouvoir à laisser la direction de la SNIM compromettre, dangereusement, l’avenir de l’entreprise en refusant de dialoguer avec les travailleurs.