Le Japon qu’on ne connait pas

Article : Le Japon qu’on ne connait pas
5 novembre 2012

Le Japon qu’on ne connait pas

Jardins du « The New Otani Hotel » de Tokyo.

En Mauritanie, l’idée qu’on se fait du Japon, « le pays du soleil levant » est celle qu’on a de ces bolides (Toyota, Nissan) qui encombrent les rues étroites de Nouakchott, et non celles de Tokyo où les petits modèles sont rois. C’est aussi cette occupation verticale de l’espace qui, loin d’être une mode, répond à un souci de rationalisation du sol (la superficie du Japon étant  à peine d’un peu plus de 300 mille m2).

Mais arrivé dans ce pays, après 18 heures de vol, à partir de Nouakchott, passant par Paris, je découvre un tout autre monde. Un peuple qui a réussi à dompter la nature, même si les séismes et les tsunamis continuent encore à troubler la tranquillité de ses habitants. Un pays qui ne dispose pas de ressources naturelles mais qui, grâce à la Science et à la Technologie, est parvenu quand même à se frayer une place dans le trio de tête des plus puissantes économies mondiales. Un exemple à méditer en Afrique où la valeur de l’éducation n’est pas encore comprise comme le meilleur moyen de rattraper « le temps perdu » et de gagner la bataille contre le sous-développement.

Le Japon c’est aussi cette impression de tranquillité et de quiétude qui fait oublier au visiteur que c’est ce pays qui a donné du fil à retordre aux Américains au cours de la Grande Guerre. L’impression qui se dégage aux premiers contacts des habitants de ce pays est qu’ils sont « enfermés » sur eux-mêmes, mais ce n’est qu’une impression. Ils vous saluent autant de fois qu’ils vous rencontrent dans la journée, le sourire toujours aux lèvres. Une attitude de civilité particulière qui dénote d’un savoir-vivre qui fait sans doute la renommée des hôtels de ce pays où le tourisme, malgré les distances, bat son plein.

Autre chose pour nous mauritaniens : Le Japon est un pays qui constitue l’un de nos plus grands marchés en matière d’exportation du poisson, alors qu’il nous vend ces bolides qui font la fierté de nos riches. Paradoxalement, dans les rues de Tokyo, de Yokohama et de Sendai (les plus grandes agglomérations urbaines du Japon), les petites voitures sont reines. Question d’espace (il faut d’abord s’assurer un parking avant de penser à la voiture) et de mobilité. On a donc tout intérêt  à suivre l’exemple japonais dans le domaine pour apprendre à nos chauffards les bonnes manières. La circulation est tellement fluide qu’on a l’impression que tout se fait de manière « mécanique » : pas de dépassements comme on en voit dans les avenues de Nouakchott, pas d’excès de vitesse et, l’impression, que la régulation se fait d’elle-même. Pas de policiers ? C’est aussi une impression seulement ! Ils sont là, quelque part, efficaces mais discrets. On ferait bien d’envoyer, à l’apprentissage de la civilité nippone une bonne partie de ceux qui gèrent les affaires courantes du pays. C’est peut-être cher mais forcément plus efficace que les séminaires et autres ateliers de formation que les institutions de la République financent à coups de dizaines de millions d’ouguiyas.

Sneiba

 

 

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