Autour d’un thé : dérives et risques d’implosion en Mauritanie

Jamais, de mémoire de mauritanien, le pays n’a passé par d’aussi obscurs moments où chacun dit et fait publiquement ce qu’il veut. De tout temps, les Etats (au sens régalien du terme) qui se respectent font dans la mesure, au point que ni le veau ne meurt ni la « Tadit¹ » ne s’assèche. L’expression selon laquelle, fort, l’Etat nous écrase ; faible, nous périssons ; n’a jamais été si à propos. Logiquement, il est impossible d’être une chose et son contraire. Pourtant, cela semble bien le cas, aujourd’hui, en Mauritanie. L’Etat est parfois très fort et parfois très faible. … Continue reading Autour d’un thé : dérives et risques d’implosion en Mauritanie

Mauritanie: comment IRA a servi le pouvoir

Une précision d’abord: cette analyse politico-stratégique sort des sentiers battus de la querelle idéologique et communautaire. Elle n’aborde pas la question d’IRA (Initiative pour la Résurgence d’un mouvement Abolitionniste en Mauritanie) sous l’angle de l’affirmation (ou de la négation) du phénomène de l’esclavage mais cherche à montrer comment Biram et son organisation ont servi le pouvoir. IRA existe depuis 2008 en tant qu’organisation non reconnue mais tolérée. Le discours de son Président, Biram Dah Abeid, est diversement apprécié. Il touche essentiellement des jeunes Harratines qui, pour la plupart, n’ont pas connu l’esclavage dont parle leur Chef mais l’assimilent inconsciemment aux … Continue reading Mauritanie: comment IRA a servi le pouvoir

Partir : la question n’est pas de savoir quand mais comment ?

Les changements que la Mauritanie connaîtra, à la fin du deuxième mandat du président Mohamed Ould Abdel Aziz, favorisent de nouveaux « placements », au sens économique et financier du terme. L’effervescence politique actuelle est symptomatique. Chacun, dans le camp de la majorité, veut assurer un gain. Il table sur une double hypothèse : Aziz peut choisir de partir ou décider de rester. Dans un cas comme dans l’autre, il faut agir. Accompagner la mise en place de l’échafaudage politique que l’homme fort du moment mettra en place pour préparer sa « succession » (il a dit lui-même à Néma qu’il n’est pas question de laisser … Continue reading Partir : la question n’est pas de savoir quand mais comment ?

Si le cri vient de la montagne où fuir ?

Je sais que ce n’est pas moi ou un autre qui empêchera le président Aziz de faire un troisième ou un quatrième. Mieux, les mauritaniens ne lèveront même pas le petit doigt pour s’opposer à la volonté de celui qui a réaliser l’exploit de faire deux coups d’Etat en l’espace de deux ans ! Certes, on aura droit aux gesticulations d’une opposition pressée de goûter, elle aussi, aux délices du pouvoir mais ça s’arrêtera là. Noua n’aurons droit ni à un « printemps arabe » ni à un « harmattan africain ». Ceci dit, il est inconcevable que le ministre … Continue reading Si le cri vient de la montagne où fuir ?

Peuple de « zéhéros », le train Mauritanie déraille

La farce n’a que trop duré. Je parle de notre « démo-gâchis ». Je ne reviendrai pas sur l’Ere Taya parce que celle du président Aziz suffit largement pour illustrer le propos que je tiens. Certains me diront même que ce que nous vivons aujourd’hui n’est que le prolongement de nos déboires d’hier. Et ils ont raison. La « révolution » de 2005¹ n’a pas été une rupture et la « révolte » d’août 2008² encore moins. Il y a des choses qui refusent de mourir et d’autres qui n’acceptent pas de naître, comme disait l’autre. Le statu quo est le maître mot. Certains lui donnent, … Continue reading Peuple de « zéhéros », le train Mauritanie déraille

Autour d’un thé : « Ô, vous là-bas, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allah ! Y a qu’ici où l’on peut faire des études de vétérinaire et devenir banquier ! »

C’est inédit ! Que, trois longues semaines durant, un Président puisse ne pas organiser un Conseil des ministres. Complètement désœuvrés nous étions. Comment ça, pas de conseil ? Au fond, au fond, c’est quoi, un conseil ? Normalement, chaque ministre vient avec ses cahiers d’écolier qu’il dépose, soigneusement, devant lui, en attendant son tour de caméra. Bien assis, avec cravate ou melehfa¹ bien ajustés. Le cameraman passe et repasse. A vos marques ! Chaque ministre fait semblant de regarder son parapheur, lourdement rempli d’on ne sait quoi. Bien alignés, les ministres. Les grands à côté du grand. Les petits calfeutrés … Continue reading Autour d’un thé : « Ô, vous là-bas, ne désespérez pas de la Miséricorde d’Allah ! Y a qu’ici où l’on peut faire des études de vétérinaire et devenir banquier ! »

Pour la mémoire d’Ahmed que doit faire le rais ?

Cette fête de Maouloud est un mélange de joie et de tristesse et pas seulement à la Présidence. Le drame qui a bouleversé toute la Mauritanie est encore présent dans les esprits. Je sais que le statut de « fils du président » a joué en pareille circonstances mais il est loin d’avoir été déterminant dans l’émoi populaire que le pays a connu. Ce sont les circonstances du drame (mission humanitaire) confortées par des images le montrant au milieu de familles pauvres de cette « Mauritanie profonde » qui n’intéresse la classe politique qu’en période électorale, qui ont ému tout le monde. On se … Continue reading Pour la mémoire d’Ahmed que doit faire le rais ?

Félicitez-moi, j’ai perdu ma fonction

J’ai toujours cherché à comprendre pourquoi, en Mauritanie, les gens (ceux qui vous connaissent ou pas) viennent vous féliciter quand vous êtes nommés à un grand poste et reviennent vous présenter leurs condoléances, pardon, leur réconfort, quand vous êtes « renvoyé au garage » à l’issue du Conseil des  ministres du jeudi ou par décret présidentiel.  Aujourd’hui j’ai enfin la réponse. La perte de ma petite fonction  au ministère de l’Education (apprise seulement quand j’ai vu mon salaire du mois de décembre sans ma modeste indemnité) est passée inaperçue. Un non événement. Même quand j’en ai parlé à mes collègues de bureau. … Continue reading Félicitez-moi, j’ai perdu ma fonction

Mauritanie: Monsieur le ministre « Lsanou khriv »

Un ministre qui transforme le désert en verdure et une crise économique en prospérité a la langue mielleuse (« Lsanou khriv »). C’est le cas de notre ministre des Finances, le sieur Moctar Ould Diay qui vient de défendre devant nos braves « dépités » la loi de Finances 2016. Malgré la crise économique, la chute des cours du fer, de l’or et du poisson (les trois mamelles de l’économie mauritanienne), le ministre nous annonce une croissance de plus de 5% en 2016. Sans dire « inchallah » ! Donc, peut-être bien, peut-être pas. Ould Diay qui a été décoré le 28 novembre dernier par le … Continue reading Mauritanie: Monsieur le ministre « Lsanou khriv »